Portrait d’une traductrice en 10 questions

Publié le Publié dans Vie de traductrice

Traductrice professionnelle indépendante, dans ce premier billet de mon blog je réponds aux questions que les visiteurs de ce site pourraient avoir envie de me poser.

Es-tu italienne ou française ?

Je suis italienne ET française ! Je suis née et j’ai grandi à Rome, j’y ai fait mes études (de philosophie) et j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 30 ans. Ensuite, en 2006, je me suis installée à Lyon, où j’ai fait d’autres études (de traduction) et j’ai fondé mon auto-entreprise de traduction et formation. En 2016, j’ai été naturalisée française, tout en gardant ma nationalité d’origine. Je me rends souvent en Italie pour suivre les évolutions de la langue et aussi pour permettre à mes enfants de pratiquer la langue italienne et de découvrir le patrimoine artistique et culturel de mon pays d’origine.

Comment es-tu devenue traductrice ?

Au début, j’ai choisi de faire de la traduction pour financer ma thèse en philosophie. Mais j’ai rapidement compris que, contrairement à ce que l’on croit, le métier de traducteur professionnel ne peut être exercé « à côté ». En effet, si on veut bien faire son travail et bien développer son entreprise, il faut s’y consacrer entièrement. De plus, je me suis rendu compte que j’aimais beaucoup traduire, quel que soit le sujet abordé par le texte : d’une part, parce que je suis très curieuse par nature, d’autre part parce que c’est une profession qui s’intègre parfaitement dans mon expérience quotidienne de personne bilingue.

Qu’est-ce que tu aimes dans ton métier ?

Le fait d’être traductrice me permet de découvrir sans cesse de nouveaux domaines. En effet, lorsqu’on traduit un texte très technique, c’est une véritable immersion dans un univers professionnel et dans ses spécificités à la fois conceptuelles et pratiques. Pendant que je travaille à une traduction, c’est un peu comme si je partageais le quotidien d’un professionnel travaillant dans un domaine très éloigné du mien ! C’est une belle découverte !

Et qu’est-ce que tu n’aimes pas ?

Je n’aime pas qu’on me demande d’utiliser une mémoire de traduction préexistante. Cela revient à morceler le texte entre des fragments déjà traduits et des fragments à traduire et à perdre tout sentiment d’unité et de cohérence dans mon travail. D’ailleurs, il peut arriver que certaines agences refusent de payer les segments du texte à traduire qui correspondent à 100% avec la mémoire fournie, en oubliant (ou en feignant d’oublier) qu’un bon traducteur se doit de toujours jeter un coup d’œil rapide pour valider les correspondances, et que cela lui demande du temps (cette problématique est bien expliquée dans cet article). Heureusement, jusqu’à maintenant j’ai eu très très peu d’expériences de ce type.

Quelle est le projet de traduction dans lequel tu as pris le plus de plaisir ?

C’est un récit biographique que j’ai traduit en 2015 ; c’était l’histoire d’un monsieur italien immigré en France dans les années 1950, et de sa famille. Cela m’a rappelé ma propre histoire familiale ! En effet, mon grand-père maternel avait émigré en Amérique du Sud à la même époque ; mais, contrairement au monsieur dont j’ai traduit l’histoire, mon grand-père est finalement rentré en Italie. Sinon, mon histoire aurait été très différente !

Et le texte le plus difficile à traduire ?

Sans doute le CV d’un joaillier expérimenté. J’ai eu énormément de mal avec certains termes qui désignent des techniques très spécifiques utilisées pour la création des bijoux de haute joaillerie. Aussi, j’ai contacté une école italienne de joaillerie ; j’ai eu la chance de tomber sur un prof extrêmement gentil, qui m’a aidée avec la terminologie et m’a donné les références d’un glossaire plurilingue ultraspécialisé (que je me suis empressée d’acheter !).

Ne préférerais-tu pas traduire uniquement de la philo ?

Non ! Je suis une traductrice professionnelle : cela veut dire que c’est l’acte de traduire qui m’intéresse, et non le contenu du texte. Ceux qui traduisent uniquement des textes qui les intéressent ne sont pas des professionnels !

Quels sont tes loisirs ?

J’écoute beaucoup de musique de tout genre et je suis passionnée de cinéma. Puis j’adore lire, évidemment ! Je lis tout le temps, et je lis de tout : des romans, des essais, les actualités, des BD… En français, en italien, en anglais…

Tes coups de cœur ?

Le roman australien Picnic at Hanging Rock, de Joan Lindsay.

Le film italien Caro Diario (titre français : Journal Intime), de Nanni Moretti.

La Sonata pour piano D960 de Franz Schubert, dans l’interprétation de l’immense pianiste russe Sviatoslav Richter.

De quoi vas-tu parler dans ce blog ?

Je ne vais pas parler des questions liées à la vie professionnelle des traducteurs, que d’autres blogs abordent déjà de façon très détaillée (voir par exemple le blog de Trëma Translations, ou encore La marmite du traducteur). Étant passionnée de littérature et de cinéma, j’ai plutôt envie d’examiner comment le plurilinguisme est représenté dans les romans et dans les films : bilinguisme personnel et familial, apprentissage d’une langue étrangère, communication entre des locuteurs de langues différentes, traduction… J’espère que cela intéressera les visiteurs ! Bonne lecture !

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